Qu’est-ce que la sclérose en plaques (SEP) ?

Définition

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune, chronique et neuro-inflammatoire, qui affecte la myéline ainsi que les neurones du système nerveux, au niveau de la moelle épinière et du cerveau. On estime qu’elle toucherait près de 2,5 millions de personnes dans le monde (1).

Les causes ?

Un terrain génétique et environnemental semble nécessaire au développement de la maladie, mais les causes de la sclérose en plaques sont encore méconnues. Plusieurs études récentes semblent mettre en évidence un lien avec l’alimentation. En particulier une sensibilité au gluten.

Les facteurs de prédisposition ou de risque

  • L’âge : la sclérose en plaques apparait généralement entre 25 et 40 ans.
  • Le sexe : les femmes sont deux fois plus prédisposées à la maladie.
  • Le terrain familial : la présence de personnes atteintes de sclérose en plaques dans la généalogie augmente le risque.
  • Les infections : certains agents viraux tels que ; le virus de la rougeole, l’herpès 6 (HHV-6), le virus d’Epstein-Barr (VEB), pourraient avoir un impact sur l’apparition de la maladie.
  • L’origine ethnique : les individus de type caucasiens sont plus susceptibles de développer la maladie que les personnes d’origine Africaine ou Asiatique.
  • Le climat : les personnes vivant dans les zones au climat tempéré (Europe, Etats-Unis, Canada) semblent plus touchées.
  • Les maladies auto-immunes : certaines maladies auto-immunes telles que le diabète de type 1, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Facteurs déclencheurs

  • Le stress
  • Le tabac
  • La chaleur
  • Les médicaments
  • Le manque de sommeil
  • Les infections

L’exposition au soleil et le taux de vitamine D semblent avoir un effet protecteur vis-à-vis de la sclérose en plaques.

Diagnostic et premiers symptômes d’une sclérose en plaques

Des engourdissements

Des engourdissements (ou une absence de sensation dans différentes parties du corps) sont régulièrement l’une des premières manifestations qui amènent un individu à consulter un médecin. Les engourdissements peuvent se produire dans le visage, le corps ou les bras et les jambes. Il peut en résulter des difficultés lors des déplacements.

Des picotements

Des picotements accompagnent souvent un engourdissement. Comme différents effets secondaires de la SEP, ceci est une conséquence des nerfs lésés qui envoient des signaux altérés aux diverses parties du corps.

Les individus pourraient également éprouver quelque chose comme une étreinte, comme si une bande élastique serrait autour de la poitrine, pouvant même rendre la respiration difficile.

Des problèmes d’équilibre et de coordination

Les sujets peuvent déclarer qu’ils se sentent brusquement faibles dans un membre. Ils peuvent aussi éprouver des problèmes de préhension, les objets qu’ils tiennent dans leur main leur glissent des doigts. Le cervelet peut aussi être la cible d’attaques du système immunitaire, dans ce cas, la personne peut expérimenter des problèmes d’équilibre et être plus enclin à tomber.

De la spasticité

La spasticité peut impliquer à la fois la rigidité ainsi que des contractions musculaires involontaires. C’est un symptôme commun de la SEP, il est  commun au niveau des jambes et peut se manifester par une légère sensation d’oppression dans les muscles ou de douleur plus sévère.

Dans les cas extrêmes, la spasticité peut entraîner la déformation du corps d’une personne. Presque comme s’ils étaient repliés comme un bretzel. Le symptôme va souvent de pair avec la faiblesse des membres ou d’autres parties du corps.

Des problèmes de visions

Comme les engourdissements, les problèmes de vision figurent parmi les premières manifestations les plus connues provoquant la consultation d’un spécialiste. L’individu peut expérimenter une vision double (diplopie), des douleurs oculaires, une vision brouillée, ou un scotome « point noir ».

Ces manifestations sont normalement dûes à la névrite optique ou inflammation du nerf optique, dit Mark Keegan, MD, partenaire professeur de neurologie à la clinique Mayo de Rochester, au Minnesota.

Est-elle héréditaire ?

La sclérose en plaques n’est pas une maladie héréditaire à proprement parler, on peut par contre affirmer qu’elle est génétique. L’enfant d’une mère atteinte de la sclérose en plaques, verra ses probabilités de développer une SEP augmenter de 20 à 40 fois. Parmi les jumeaux monozygotes « identiques », la probabilité est de 24%, alors que pour les jumeaux dizygotes « différents », la probabilité était de 3%.

Espérance de vie ?

Dans la majorité des cas, l’espérance de vie pour les patients souffrant de sclérose en plaques est proche voire identique à celle de la population générale (2), mais la qualité de vie est fortement altérée par la maladie, d’où l’importance de ne pas rester seul face à la maladie. De nombreux groupes et associations existent pour éviter l’isolement, le taux de suicide, chez les patients souffrant de sclérose en plaques étant plus élevé que la moyenne.

Dans le cas de sclérose en plaques sévère 1% (1), l’espérance de vie est fortement diminuée.

Différentes formes

Poussée-Rémission

Cette forme de sclérose en plaques est caractérisée par une alternance de périodes de rémission et de poussée. C’est la forme la plus courante 85% (1) de sclérose en plaques et la moins sévère, mais les personnes atteintes présenteront progressivement des déficiences.

Secondaire Progressive

Cette forme secondaire qui suit généralement la forme précédente 50% (1) est caractérisée par un déclin progressif des fonctions neurologiques et la disparition des phases de rémission.

Progressive Primaire

Cette forme de sclérose en plaques est proche de la forme secondaire progressive mais est d’emblée progressive sans phase de rémission. Elle est relativement rare 10% (1).

Progressive Récurrente

C’est la forme la plus rare 5% (1) de sclérose en plaques. Elle fait penser à la forme progressive primaire mais avec des attaques plus violentes suivies éventuellement de phases de rémission. 

Le traitement

Le traitement classique

Le traitement aide à soulager les symptômes et à améliorer la récupération lors des phases de poussée. Le plus courant est basé sur une corticothérapie, pour diminuer l’inflammation. Mais il n’existe pas de traitement permettant de guérir de la maladie.

Les avancées récentes

Les modificateurs de la maladie

Des médicaments ont fait leur apparition plus récemment tels que les modificateurs de la maladie qui en ralentissent l’évolution.

Les peptides de la myéline

Des fragments de myéline sont administrés sous forme de patch (3) aux patients. Cette technique permettrait de diminuer significativement les lésions nerveuses et les attaques.

Les techniques d’apprentissage

Cette technique récente basée sur la plasticité cérébrale, vise à modifier la manière d’apprendre, en stimulant des parties du cerveau différentes. Ce type de technique permettrait de compenser les pertes dues à la maladie en utilisant des aires cérébrales intactes (3).

Les traitements alternatifs

Ces traitements sont empiriques et ne bénéficient pas d’études scientifiques probantes bien que certaines soient en cours. Elles semblent cependant amener un bénéfice à certaines personnes souffrant de sclérose en plaques. Elles sont dans certains cas à utiliser avec précautions.

Les acides gras oméga-3

La DHA favoriserait entre autres les fonctions cérébrales (4). Les propriétés anti-inflammatoires de la DHA (5) favoriseraient la santé du cerveau.

Le coenzyme Q

Le coenzyme Q ralentirait l’évolution des maladies neuro-dégénératives. Les résultats de son utilisation sont mitigés.

Les vitamines

  • La déficience en vitamine B1 est liée à de nombreuses maladies neuro-dégénératives.
  • Le manque en vitamine B6 est courant dans les cas de maladies auto-immunes.
  • On trouve souvent des carences en vitamine B12 chez les patients atteints de sclérose en plaques. Palier ce déficit pourrait aider à diminuer les effets tels que : la sensation de faiblesse, la perte de poids, des problèmes d’équilibre, des troubles de la mémoire, et même des lésions nerveuses (6).
  • La vitamine C pourrait protéger de la détérioration, les patients atteints de sclérose en plaques, par ses propriétés anti-oxydantes.
  • La concentration en vitamine E chez les patients souffrant de sclérose en plaques est souvent faible. Elle est pourtant essentielle au bon fonctionnement du système immunitaire.
  • La concentration en vitamine D aurait une forte corrélation avec le développement et la progression de la maladie. La consommation d’aliments riches en vitamine D est de plus en plus recommandée.

Les minéraux

  • Les propriétés neuro-protectives du zinc et ses effets sur la vision pourraient être bénéfiques aux patients souffrant de sclérose en plaques.
  • Le déficit en magnésium est parfois associé à la sclérose en plaques (7).
  • Le calcium est à utiliser avec précaution du fait de la prise courante de vitamine D par les patients atteints de sclérose en plaques, pouvant entrainer une overdose.
  • Suppléments multi-vitaminés et multi-minéraux pourraient aider à prévenir certaines déficiences aggravantes des symptômes de la sclérose en plaques.

Les plantes racines et graines (8)

  • L’aigremoine : des études sont en cour pour évaluer ses effets sur les symptômes de la sclérose en plaques, du fait de ses propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoire sur le métabolisme.
  • L’Amrit Kalash utilisé en médecine ayurvédique, du fait de son action sur le système immunitaire pourrait aider le système immunitaire et diminuer la détérioration du système immunitaire.
  • L’Ashwagandha aussi issu de la médecine ayurvédique est utilisée pour lutter contre les douleurs chroniques, l’inflammation, la fatigue et le stress.
  • L’astragale est utilisé en médecine chinoise pour son action sur le système immunitaire. Elle est à utiliser avec précaution du fait de ses interactions avec certains médicaments.
  • L’épine-vinette est utilisée en Inde et au Moyen-Orient pour diminuer l’inflammation et combattre l’infection.
  • Les études concernant le venin d’abeille pour traiter la sclérose en plaques sont contradictoires et portent sur de faibles échantillons. Par contre le pollen est de plus en plus utilisé pour ses propriétés anti-oxydantes et anti-microbiennes.
  • Les feuilles de myrtilles auraient la capacité de réduire l’inflammation, améliorer la vision et protéger les fonctions cognitives.
  • Les racines de Bardanes favoriseraient la circulation et réduiraient l’inflammation. Ses propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires sont en cours d’évaluation.
  • La camomille présenterait des effets antioxydants et antibactériens.
  • Le Chyawanprash est un mélange de fruits et de plantes en ayurvédique qui protégerait les fonctions cognitives (9) et favoriserait le système immunitaire (10) tout au moins chez l’animal.
  • La canneberge pourrait avoir des bénéfices pour les patients dont la vessie est atteinte.
  • Les racines et feuilles de pissenlit réduisent chez les animaux les effets de la fatigue et favoriseraient le système immunitaire (11). Elles contiendraient des antioxydants et des anti-inflammatoires (12).
  • Les propriétés anti-inflammatoires et neuro-protectrices du gingembre et d’autres épices sont en cours d’évaluation (13).
  • Les acides gras essentiels, oméga-3 et oméga-6 sont à l’étude et sont considérés comme une option prometteuse dans le traitement de la sclérose en plaque.
  • Les probiotiques, que l’on trouve sous forme de yaourts ou de suppléments, faciliteraient l’absorption alimentaire, chez les patients atteints de sclérose en plaque, qui présentent des difficultés à absorber des nutriments (14).
  • Le curcuma a des propriétés neuro-protectives connues (15). Ses propriétés anti-inflammatoires dans le cas de la sclérose en plaques sont prometteuse mais n’ont pas encore été suffisamment évaluées (16).

L’exercice physique

Taï chi et yoga favorisent la relaxation et diminuent le stress.

Les régimes

Il est important de se faire conseiller par son médecin ou son nutritionniste. Une alimentation adaptée permet d’aider l’organisme à lutter contre la maladie.

Les massages

Ils réduiraient le stress et la dépression. Bien qu’il n’y ait pas d’évidence scientifique quant à l’efficacité des massages pour lutter contre la sclérose en plaque, ils procurent une sensation de bien-être à de nombreux patients.

L’acupuncture

Au même titre que les massages, l’acupuncture est souvent utilisée. Bien que sans preuve scientifique, elle semble diminuer certains symptômes.

La marijuana

Bien que sa consommation soit interdite dans de nombreux endroits elle semble avoir des effets bénéfiques sur les spasmes musculaires.

Finalement, de nombreuses recherches sont encore nécessaires pour mieux connaitre la sclérose en plaques et trouver un traitement. La variabilité de ses formes en font une maladie difficile à étudier et à traiter.